Congrégation des soeurs de Marie Auxiliatrice

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Les soeurs de Marie-Auxiliatrice Les soeurs de Marie-Auxiliatrice

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Il y a cent ans à Champrosay

L’hôpital Militaire Auxiliaire n° 9

La propriété de la famille Minoret-Nolleval : un château de 32 pièces entouré d’un parc de 13 ha, en bordure de la forêt de Sénart, à Draveil, avait été offert aux Religieuses de Marie Auxiliatrice l’été 1893. Dès l’automne , l’Oeuvre de Villepinte (ancien nom de l’Association de Villepinte actuelle) pouvait y abriter et soigner des jeunes filles et fillettes anémiques. Un nouveau bâtiment celui de la chapelle et du Noviciat de la Congrégation s’était ajouté à ce préventorium lorsque la guerre de 1914, éclata.

Dès la déclaration de guerre, le 3 août, la maison fut réquisitionnée par la Croix Rouge. Le Général Lelong la transforme en Hôpital Auxiliaire pour les soldats blessés, convalescents et anémiques.
Le 30 août, les jeunes filles et le Noviciat ont libéré les lieux.

Les Religieuses se voient confier, par la Société de Secours aux blessés militaires, l’administration de cet Hôpital auxiliaire n° 9 ; elles devaient se conformer aux prescriptions des médecins militaires, sous la direction du Médecin principal Bezançon.
Madame Tessier ( Mère Marie Elise ) avec ses talents d’organisatrice , allait s’acquitter avec succès de l’administration ; avec ses religieuses ; elles assurèrent le commandement de 230 hommes.

Au Sanatorium de guerre, il convient de donner l’allure militaire : c’est pourquoi un adjudant choisi parmi les malades remplit les fonctions de chef de discipline. Les sonneries de clairons annoncent tous les exercices journaliers : lever, repas, cure de repos.

Par ailleurs la monotonie du règlement est rompue par de salutaires occupations : jeux d’intérieur et de jardin, séances de cinéma, concerts et aussi travaux sur bois et métaux et travaux de plein air.

Un grand potager sur la rive en pente de la Seine est mis à la disposition des soldats ; ils le cultivent sous la direction d’un gradé agriculteur de profession. Leur activité est concentrée sur la culture potagère, l’arboriculture, l’horticulture ; l’élevage des abeilles et celui des volailles. Cette section agricole se montre aussi être une cure thérapeutique …
Le but à atteindre est de fournir aux hommes qui s’y adonnent, les connaissances théoriques et pratiques pouvant leur procurer après la guerre, soit un métier au grand air plus favorable à leur état de santé, soit pour ceux qui sont déjà dans la partie, d’accroître leur acquis professionnel.

En cette année du centenaire de la guerre de 1914, il m’a semblé intéressant d ’extraire ces souvenirs des comptes rendus des Assemblées Générales annuelles de l’Oeuvre de Villepinte qui prit donc une part active aux soins des soldats ; et c’est aussi à ces comptes rendus que j’emprunte ces quelques lignes de conclusion :-

« Après avoir rempli
consciencieusement son devoir patriotique,
en hospitalisant des soldats pendant les cinq années de guerre,
la grande maison de convalescence
a été rendue à sa véritable destination le 3 août 1919".

Les jeunes filles anémiques ne revinrent que progressivement car il fallut tout remettre en état ….Les Novices retrouvèrent les locaux du Noviciat.

Sr Marie Clarisse