Congrégation des soeurs de Marie Auxiliatrice

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Les soeurs de Marie-Auxiliatrice Les soeurs de Marie-Auxiliatrice

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Marie Thérèse de Soubiran instrument de la miséricorde de Dieu

La relecture que Marie-Thérèse de Soubiran a faite de sa vie n’est qu’un hymne à la miséricorde de Dieu. Même au sein des plus douloureuses épreuves, Dieu l’enveloppa de sa tendresse pour la consoler, la garder « debout », tout en la dépouillant parfois davantage pour une union encore plus grande avec Lui.
Par ailleurs il me semble important de ne pas garder sous silence tous les actes de miséricorde que Marie-Thérèse de Soubiran fit autour d’elle et à distance, tout simplement et dans l’humilité…

De son éducation familiale religieuse de la petite noblesse languedocienne au XIX ième siècle, Sophie Thérèse a reçu, au foyer paternel en présence de l’oncle chanoine les premières semences pour pratiquer les actes de miséricorde de tous genres au cours des diverses étapes de sa vie.
Par le récit d’une amie de sa famille, nous savons que la petite Sophie Thérèse enfant, « bien qu’extrêmement timide, accompagnait sa mère pour porter à manger aux pauvres ».

Enfant encore, puis adolescente elle faisait partie de la Congrégation des Enfants de Marie de Castelnaudary dirigée par son oncle prêtre. Très vite, elle l’aida pour exhorter les enfants et jeunes filles congréganistes en se dévouant pour les accompagner sur un plan spirituel. Elle le faisait avec tant de délicatesse qu’une jeune en témoignait encore 70 ans après : « Elle me grondait parfois, parce que je le méritais puis elle m’embrassait, me donnait de bons conseils, et des résolutions à prendre. » Une amie de la famille confirmait dans un manuscrit pour le procès de béatification : « Ses compagnes la trouvaient toujours disponible à les entendre, à prendre part à leurs peines, à écouter leurs difficultés et à leur donner des conseils. »

En 1854, Son Oncle fonde le Béguinage ; Sophie Thérèse devient Mère Thérèse Supérieure de la petite Communauté. Ses Sœurs remarquèrent très vite qu’elle était toujours la première à prendre part aux plus durs travaux, ne ménageant pas sa santé pourtant fragile.
Toujours à l’écoute des besoins des autres, elle ne put rester indifférente lorsqu’on lui amena une enfant de trois ans maltraitée, en la suppliant de la prendre ; elle n’hésita pas, et Blanche fut hébergée en communauté car rien d’autre n’était prévu au Couvent… Ce fut le début de l’œuvre de la Préservation pour les enfants maltraitées ou orphelines qui allaient être recueillies par la suite ; n’est-ce pas là non plus une belle œuvre de miséricorde ?
Pour trouver de quoi acheter le stricte nécessaire, les Sœurs faisaient et vendaient une liqueur très appréciée ; Sr Blandine était chargée de la fabrication… à la suite d’une grosse négligence, elle laissa un tonneau ouvert qu’elle trouva vide à son retour quelques heures après : grosse perte , grand désarroi de la sœur qui vint prévenir Mère Thérèse certes bouleversée elle aussi : aucune parole de réprimande aucun jugement ; elle emmena Sr Blandine avec elle à la chapelle… Le lendemain matin le tonneau était plein ! Miracle opéré par la miséricorde divine ou acte de miséricorde de Mère Thérèse pendant la nuit ?

Après l’incendie du Béguinage, Mère Thérèse a su entendre ses Sœurs : des aspirations nouvelles se faisaient sentir en faveur d’une vraie vie religieuse. Toujours à l’écoute des autres elle n’hésita pas à faire une retraite de 30 jours selon les Exercices de St Ignace pour chercher la volonté de Dieu quelle qu’elle soit… c’est alors que prit corps la Congrégation de Marie-Auxiliatrice en 1864 à Toulouse ; là encore mesurant le désarroi de celles bien peu nombreuses qui souhaitaient rester Béguines, elle maintint leur existence à Castelnaudary , toujours soucieuse de répondre aux besoins des autres…

Je pense que parmi les nombreux actes de miséricorde il en est un qu’il ne faut pas oublier de relever : son attitude pendant l’Epreuve de sa vie : son renvoi de la Congrégation le 9 février 1874, par la Sœur Assistante qui a pris tous les moyens pour justifier cet acte.
Mère Marie-Thérèse broyée de douleurs écrit : « Ma nature a trouvé les moyens, ces moyens violents ; ils étaient nécessaires à mon âme… Les personnes qui les ont employés n’ont pas voulu me faire du mal, elles ont cru bien faire. » Quel exemple de miséricorde d’excuses et de pardon !!! on ne peut pas ne pas voir le Christ en Croix disant « Père pardonne-leur ils ne savent ce qu’ils font. »

Accueillie fin 1874 dans la Congrégation Notre Dame de Charité fondée par Jean Eudes (ce missionnaire de la miséricorde) elle reçut le nom de Sœur Marie du Sacré Cœur. Elle s’occupa quelques années de jeunes au passé parfois chargé, avec bonté et miséricorde ; plusieurs témoignages se rejoignent :- « Elle nous traitait avec beaucoup de bonté, de délicatesse…Jamais une parole tant soit peu blessante ne sortit de sa bouche… elle s’adressait au cœur. » Fidèle à sa manière de faire Sr M.du Sacré Cœur vivait pleinement ce que Jean Eudes conseillait aux Religieuses de cette Congrégation qu’il avait fondée : « Traiter l’autre avec grande compassion, lui ouvrir son cœur et ses entrailles et ne jamais utiliser de vinaigre… » (Jean Eudes œuvre complète)
Marie-Thérèse de Soubiran a pratiqué des œuvres de miséricorde ; elle ne fut que l’instrument de Dieu car la miséricorde est un des attributs de Dieu. A travers l’Ecriture, l’Adoration du Saint Sacrement, elle vivait unie à Dieu et elle s’est faite ainsi le canal pour témoigner un peu de cet Amour divin dont elle fut elle-même comblée.

Sœur Marie Clarisse