Congrégation des soeurs de Marie Auxiliatrice

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Relecture de la Mission de Marie-Auxiliatrice au Japon

"Celui qui sème et celui qui moissonne se réjouissent ensemble" Jn 4

Au cours d’une veillée le 22 octobre 2008 à N.D. de Lorette (Paris 09) pour la semaine missionnaire, Sr Michiko de Marie-Auxiliatrice, et Japonaise pour un service missionnaire en France a donné le témoignage qui suit :

Avant de prendre la parole, je veux rendre grâce au Seigneur et dire ma reconnaissance à la France pour l’envoi des missionnaires en Pays lointain.

Aujourd’hui, nous sommes le 22 Octobre. Le 20 Octobre est un jour très spécial pour l’Ecole d’Akeno Hoshi où j’ai travaillé au Japon. Tous les ans, aux alentours du 20 Octobre, nous disons aux enfants pourquoi ce jour est important pour nous, comme les Juifs racontent aux enfants l’histoire de l’Exode au cours du repas pascal.

Le 20 Octobre, en effet est l’anniversaire de la fondation de l’Ecole. Pourquoi cette école a-t-elle été fondée ? Qui l’a fondée ? En quoi cela nous concerne-t-il ?

Premières missionnaires

L’Ecole d’Akeno Hoshi a été fondée en 1949, un 20 octobre :
Marie-Thérèse de SOUBIRAN, fondatrice de MARIE-AUXILIATRICE a été béatifiée elle aussi un 20 octobre, 3 ans plus tôt. Un missionnaire Jésuite allemand assistait à la cérémonie de la béatification à ROME. Il a osé demander à la Supérieure générale de MARIE-AUXILIATRICE d’envoyer des Sœurs missionnaires au Japon pour la croissance humaine et spirituelle des jeunes. Et voilà que les quatre premières missionnaires sont parties au Japon. Elles ne connaissaient pas la langue, ni la culture… En France, c’était difficile à ce moment là d’imaginer l’état du Japon : on avait perdu la guerre, avec des dégâts considérables aux niveaux matériel et psychologique, les japonais avaient perdu confiance en eux, ils étaient désespérés. Dans ce contexte particulier d’une société en plein désarroi, et si loin de leur Source, ces 4 Sœurs ont commencé à Zéro ! Quelle aventure !
Avec l’aide des Japonais, elles ont commencé à ouvrir une classe, (l’équivalent d’une 5ème). D’année en année, les classes se multipliaient jusqu’à la fondation du Lycée et plus tard d’une Ecole Primaire et d’un Jardin d’Enfants ; enfin d’une Ecole Spécialisée en Diététique. Cela répondait à un besoin au Japon et rendrait service à nos jeunes filles au seuil de leur vie de femme.

Ecole d'Akenohoshi

Aujourd’hui, l’ensemble d’Akéno Hoshi, surnommé « la Famille d’Akeno Hoshi », compte 1500 élèves. Depuis le début, 13.000 élèves sont passées chez nous.
Et si il n’y avait pas eu de missionnaires, si M. Thérèse de S. n’avait pas fondé MARIE-AUXILIATRICE, l’Ecole d’Akeno Hoshi n’existerait pas… ces Sœurs et moi non plus n’aurions pas travaillé à l’Ecole, et nous ne saurions pas que Jésus est venu… j’ai posé cette question aux enfants. Ils étaient surpris alors de découvrir le lien entre Jésus et eux, entre Marie-Thérèse de SOUBIRAN et eux, le lien entre eux et la France où ils ne sont jamais venus…
La plupart des élèves ne sont pas Chrétiens, et pourtant à l’école il y a un cours de Religion. Ils participent aux fêtes chrétiennes et accueillent les valeurs chrétiennes qui influencent jusqu’à leur famille ; ainsi, même si peu d’entre eux sont baptisés, l’esprit du Christ se propage.

Au Japon, il existe bien d’autres écoles chrétiennes, catholiques comme protestantes : près de 600 ! L’école est un moyen missionnaire privilégié car l’éducation prépare les jeunes à prendre une part active dans la vie de la Nation. Nous savons, et c’est nouveau, que le 1er ministre japonais TARO ASSO est catholique pratiquant, que deux femmes, de la famille impériale (la reine Michiko et la princesse Masako) ont été éduquées dans une école catholique. De même, parmi les personnalités que les Japonais respectent, Mère Teresa est toujours citée. Les Japonais ont découvert l’authenticité des disciples de Jésus dans leur propre histoire.

Aujourd’hui, 60 ans après l’arrivée des premières Sœurs, il y a autour de 60 Sœurs au Japon ; qui travaillent à l’école ou en Paroisse à la catéchèse, à l’accompagnement spirituel, la visite des malades et des personnes âgées, le service auprès des SDF, des migrants, des jeunes.
En 1980, 3 d’entre elles ont été envoyées à leur tour dans une petite île de l’océan Pacifique, en Micronésie. En 1985, 3 autres Japonaises et une Française, ouvraient une maison en Corée. Et encore un envoi en mission : aux Philippines il y a 12 ans. Voilà donc les Sœurs Japonaises qui se font missionnaires.

Un autre rameau a germé : les Associés, laïcs, hommes et femmes, qui vivent de la spiritualité de MARIE-AUXILIATRICE : ils sont 45 au Japon, une quinzaine en Corée, une dizaine en Micronésie, de même qu’aux Philippines, environ 150 membres dans le monde.

Associés du Japon

Voilà ma relecture de la mission de MARIE-AUXILIATRICE, mais, comment cela s’inscrit-il dans la Société japonaise ? Dans ce pays du bouddhisme et du shintoïsme, les chrétiens sont toujours minoritaires : moins de 1% de la population. Si on exprime les réussites et les échecs de la mission par des chiffres, nous ne pouvons pas dire que c’est une réussite. Mais en réalité, le Seigneur Jésus marche avec nous qui sommes petits et faibles, il encourage les gens fatigués. Jésus ressuscité est présent au milieu de nous et agissant dans ce monde. A vrai dire, la mission au Japon n’est pas un échec. Simplement, la façon de vivre la mission est différente de celle vécue en Occident. On travaille au dialogue entre les religions : le respect des uns pour les autres permet de surmonter la différence.

cerisier

Conclusion : vous le voyez, la Parole est semée en Asie ; les champs sont mûrs pour la moisson. Nous sommes dans l’action de grâce et nous continuons à semer, dans la confiance. Si nous n’annonçons pas la Bonne Nouvelle, qui pourrait l’entendre ?

Sr Marie Michiko (Evry)