Congrégation des soeurs de Marie Auxiliatrice

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Les soeurs de Marie-Auxiliatrice Les soeurs de Marie-Auxiliatrice

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Un certain 9 février 1874

Le mois de février est pour notre Congrégation, un mois de souvenirs d’évènements douloureux : celui où notre Fondatrice, Marie-Thérèse de Soubiran fut mise à la porte de sa propre Congrégation…c’était en 1874.

Mère Marie-Thérèse de S. note dans ses Écrits Spirituels :
" le 9 février 1874, tout se brisait pour moi. Tout semblait se briser autour de moi. La tempête me sépara violemment de tout ce qui m’était cher… Je fus rejetée, sans asile, chargée de la responsabilité de tout ce qui s’effondrait, accusée par tous, de tous les malheurs prêts à fondre sur M. Auxiliatrice ; vis à vis de tous, obligée à garder le silence et de laisser ainsi tout peser sur moi seule afin que, pour les âmes, le scandale ne fut pas plus grand. De tous côtés, j’entendais des cris de mort contre M.A." ( Amour et Miséricorde )

Accusée par son Assistante Générale, intrigante qui séduisait par le brio de ses exposés, la Fondatrice note ce qui lui fut reproché et la conclusion qu’elle en tira :
"je fus accusée d’orgueil et d’ambition ; d’une affreuse irrégularité qui ne pouvait, disait-elle qu’attirer sur la Société la malédiction de Dieu ; de ne savoir en rien gouverner et administrer la Société."
" En des choses si graves il est aisé ce me semble, de se donner tort, de penser et de croire que d’autres feront mieux que vous, de proposer le complet sacrifice de son honneur et de tout soi-même pour sauver des intérêts si sacrés.
Il me vint donc, la première, la pensée qu’il serait bon d’offrir, de donner ma démission et de proposer Mère M. François ( Assistante Générale)
( Motifs de ma sortie de M.A. 1881 )

Une lecture faite sur un plan humain ne peut que susciter indignation et révolte en constatant combien les autorités ecclésiastiques de l’époque semblent avoir montré beaucoup de négligence pour vérifier les accusations portées envers la Fondatrice, avant d’en accepter la démission du gouvernement de sa Congrégation.
Oui, pourquoi, une telle situation aussi déconcertante ?
Il a fallu attendre quinze ans, au bout desquels, Mère M François démissionne de sa responsabilité de Supérieure Générale et quitte la Congrégation, six mois après le décès de M. Thérèse de Soubiran au Monastère Notre Dame De Charité, pour que la lumière se fasse.
Déconcertante aussi, l’attitude de notre Fondatrice, face à ce drame qui la brise humainement ; dans une profonde humilité elle prend tout sur elle, et se retire du Gouvernement sans aucune parole de défense et propose pour lui succéder celle qui la chasse !

Christ abbatiale de St Savin 65


Mystère du dessein de Dieu, sur chacun !
Mystère de la réponse personnelle de chacun !

Mère M. Thérèse, touchée par la grâce, avait prononcé dix ans plus tôt un vœu particulier de pauvreté : " Dans le but que pour M. Auxiliatrice et pour moi-même, notre Seigneur me soit tout, pour ne faire fond que sur Lui-même… je me résolus à n’avoir que Lui seul ici-bas… ainsi autant qu’il dépendait de moi, je me fis pauvre avec Jésus-Christ pauvre."( Amour et Miséricorde )
- Véritablement pauvre d’elle-même, Mère M. Thérèse, au milieu du pire et incroyable désarroi humain, au plus fort de la tempête, pouvait affirmer :
- "Mon Dieu seul me restait, seul Il était bon et tendre. Seul, Il me consolait dans ce flot d’amertume dans lequel mon être tout entier semblait être submergé. Et Il daignait verser dans mon âme des trésors de foi, d’espérance et d’amour que, sans ce torrent de douleurs, je le sais, je n’eusse jamais goûtés. Il creusait en mon âme, comme un abîme…Il me donnait de savoir prier parce que j’étais misérable et que Lui est bon et tout-puissant."( Amour et miséricorde)

Cette grande épreuve a conduit, M. Thérèse sur le chemin pascal tracé par Jésus-Christ ; elle y a trouvé, paix et confiance en l’Amour de Dieu pour cheminer jusqu’à la Croix, jusqu’au Cœur de Dieu.
-  " Oui je sais que l’amour et la toute-puissance de Dieu, peuvent lorsqu’Il Lui plaît, tirer la vie de la mort pour ceux qui L’aiment."( motifs de ma sortie de M.A. 1881)

Aujourd’hui comme hier, et comme demain, il y a et il y aura des personnes brisées humainement par l’injustice, et pour de multiples causes ; Mère M. Thérèse de Soubiran peut et pourra les aider à trouver même dans le chaos, un sens à leur vie et la force de pardonner et de crier vers Dieu.

Sr. M.Clarisse